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ARRIÈRE PLAN - Bible d’étude Semeur 2000

Colosses et son Église

La ville de Colosses se situait en Asie Mineure (l’actuelle Turquie), à 160 km à l’est d’Éphèse. Autrefois cité importante, elle n’était plus au premier siècle qu’une modeste bourgade. Dans la même région, Laodicée, au nord-ouest de Colosses, et Hiérapolis, la dépassait en importance. Toutes trois étaient situées sur un fleuve, le Lycus. La population d’origine semble avoir été phrygienne. Par la suite, les Grecs et une colonie juive se sont établis à Colosses.

À l’époque où Paul écrit, on trouve des chrétiens dans les trois cités (Col 4.13) et ils semblent entretenir, d’une ville à l’autre, des relations assez étroites : les membres des trois communautés ont des contacts fréquents (Col 4.15s) et Épaphras exerce même des responsabilités auprès d’elles trois (Col 4.13).

L’Église de Colosses a vraisemblablement été fondée pendant le séjour de Paul à Éphèse, qui a duré près de trois ans, de la fin 53 à l’été 56 environ (Ac 20.31; selon d’autres 52-55). On sait qu’à partir d’Éphèse, où Paul exerçait son ministère, l’Évangile a rayonné dans toute l’Asir Mineure (Ac 19.9s). C’est Épaphras, un homme sans doute formé à l’école de l’apôtre, qui a dû proclamer l’Évangile dans les trois villes (1.7). Paul semble ne s’y être jamais rendu lui-même (1.4, 9; 2.1).



Circonstances de rédaction

Épaphras est venu trouver Paul, pour l’informer de la situation de l’Église et lui demander conseil. Des problèmes d’ordre doctrinal ont en effet surgi dans l’Église : des faux docteurs y ont introduit des idées non-conformes à l’enseignement apostolique. Épaphras a laissé à Colosses l’un de ses assistants, Archippe, qui assume peut-être la responsabilité de l’Église en son absence (4.17) et que l’on retrouve dans la lettre adressée à Philémon (v.2), écrite en même temps que la lettre aux Colossiens.

Nous sommes en 60-62. Paul est en prison à Rome (voir l’intro aux lettres de la captivité) avec un autre chrétien, Aristarque, ainsi qu’Épaphras lui-même (4.10, 18; Phm 1, 23). Mais ils espèrent être bientôt libérés et Paul projette de se rendre à Colosses (Phm 22). Entretemps, Paul écrit la présente lettre aux chrétiens de Colosses. Il en écrit une autre à l’un de ses membres, Philémon, au sujet de l’esclave Onésime (voir l’intro à Phm). Tychique portera les lettres (4.7-8), accompagné d’Onésime que l’apôtre renvoie à Philémon (4.9; Phm). La lettre aux Éphésiens présente de nombreuses ressemblances avec Colossiens et date sans doute de la même période.

Lorsque Paul écrit donc sa lettre, l’Église de Colosses existe depuis 6 à 8 ans et se trouve menacée par certains enseignements hérétiques, c.-à-d. contraires à l’enseignement des apôtres.



La menace de l’hérésie

Le problème doctrinal tient une place importante dans l’épître. Certaines allusions à l’enseignement concurrent sont nettes (2.4, 8, 16). Mais Paul n’expose pas les idées qu’il réfute et on ne peut que tenter de les trouver au fil de son argumentation. Les traits suivants se dégagent :

  1. L’hérésie touche à la personne du Christ, car l’apôtre éprouve le besoin de souligner la prééminence du Christ (1.15-19) et d’encourager les chrétiens de Colosses à demeurer attachés à lui (2.19; 3.3-4).

  2. Il est question d’un enseignement sophistiqué (2.), présenté à grand renfort de rhétorique (2.4) comme « sagesse » (2.23). Ceci révèle l’influence du monde grec. Certains éléments de la lettre révèlent, en effet, la présence en germes d’idées gnostiques...

    1. Les systèmes gnostiques (du grec gnôsis, « connaissance ») du deuxième siècle enseigneront l’existence d’un Dieu sans relations avec le monde matériel et très éloigné de l’homme, et entre ce Dieu et l’homme, la présence d’une hiérarchie d’êtres intermédiaires, dont certains ont créé le monde.

    2. Ces systèmes gnostiques souligneront aussi l’intervention de plusieurs sauveurs pour sauver l’homme du monde matériel et le délivré de son corps puisque la matière est considérée comme mauvaise. L’âme pourra ainsi s’élever progressivement et atteindre Dieu pour devenir un avec lui en se perdant en lui.

    3. Ce salut s’obtient par la connaissance, celle du système gnostique avec ses hiérarchies d’êtres tenant chacun une place dans la chaîne qui va de l’homme à Dieu. Il était donc réservé à l’élite des initiés.

    4. Le mépris de la matière et du corps menait à deux attitudes contraires : soit on considérait que le corps n’avait que peu d’importance et que l’on pouvait donc se livrer, sans que cela ait des conséquences, à un comportement laxiste et débridé, soit on jugeait le corps comme une entrave qu’il fallait soumettre et vaincre au moyen de pratiques ascétiques (dénigrement des besoins du corps). La première tendance se trouve en partie à Corinthe où l’immoralité s’est frayé un chemin dans l’Église (voir l’intro à 1Co). La seconde se voit chez les enseignants de fausses doctrines de Colosses.

  1. L’influence de l’astrologie orientale sur le monde gréco-romain (1.16; 2.15). Fataliste, elle pensait que l’univers était gouverné par les puissances astrales et recommandait, elle aussi, l’ascétisme comme un moyen d’apaiser ces puissances.

  2. L’influence judaïsante se fait aussi sentir dans la lettre qui mentionne l’attachement à l’observance de pratiques rituelles de la Loi mosaïque (2.16), dont, peut-être, la circoncision (2.11; 3.11). En revanche, les règles portant sur l’abstinence de certaines boissons semblent délaisser le cadre juif.

  3. L’hérésie comporte aussi des éléments mystiques : le culte des anges qui provient peut-être de milieux juifs marginaux, la tendance à rechercher des visions (2.18).

L’analyse révèle donc une mixture d’éléments divers, empruntés à divers milieux culturels, juifs et grecs.


La réponse de l’apôtre Paul

  1. Paul souligne le caractère central de la personne du Christ :

  1. Il possède toute la plénitude de ce qui est en Dieu (1.15 ; 2.9).

  2. Il a un corps humain (2.9).

  3. Il est à lui seul, le plérôme (1.19).

  4. Il est le créateur et le souverain de toutes choses (1.16; 2.10).

  5. Il a vaincu et dépossédé à la croix toutes les puissances rebelles (2.15).

  1. Paul souligne la dimension cosmique et théologique du salut en Christ :

  1. Le salut en Christ est accessible à tous (1.20, 28; 3.11).

  2. L’homme est parfaitement sauvé et réconcilié avec Dieu en Christ (1.22).

  3. La création toute entière est réconciliée avec Dieu en Christ (1.20).

  4. Les pratiques ascétiques ne sauvent pas (2.16-19; 3.17).

  5. La connaissance ésotérique ne sauve pas (2.2-3).

  1. Paul souligne que la connaissance de Dieu s’obtient par l’attachement à Christ (2.18-19).

  1. La recherche de visions et l’ascétisme mènent à l’orgueil et à l’autosatisfaction (2.18, 23).

  2. Dépendre de Dieu en toutes choses, considérer les autres comme étant supérieurs et l’humilité sont les attitudes à rechercher (3.12).



Le salut ne consiste pas à monter vers Dieu et à nous perdre ou à nous fondre en lui, mais à nous faire paraître saints, irréprochables et sans faute devant Dieu (1.22), dans une vie de communion avec le Seigneur (4.2-4). En s’attachant au Christ qui est le Chef de l’Église, le chrétien grandit dans le cadre de la communauté qui tire sa croissance du Christ comme un don de Dieu (2.10). Suite à sa mort et résurrection, le Christ est monté au ciel pour siéger à la droite de Dieu et ainsi régner. En vertu de leur union au Christ, les chrétiens sont des citoyens du ciel, citoyens du royaume du Christ (1.13; 3.1-4) et ils doivent vivre comme tels. Ceci implique de leur part un changement de comportement les uns envers les autres dans l’Église, le couple, la famille et dans leur travail, pour vivre selon la Parole du Christ (3.17). Une telle attitude est très éloignée de celle de l’ascète qui s’abandonne à ses visions, dans la solitude.

On le voit, l’enjeu dépasse le simple conflit théologique. Ce ne sont pas seulement des doctrines qui s’opposent, mais deux types de comportement, parce qu’on ne peut dissocier la théologie de la vie, et qu’une doctrine faussée entraîne des conséquences fâcheuses dans la vie quotidienne.



Nouveau Dictionnaire Bible - EMMAÜS


Colosses

Ville de l'Asie Mineure, au Sud-ouest de la Phrygie; Colosses est sur le Lycos, non loin, à l'Est de la jonction de cette rivière avec le Méandre. Colosses fut d'abord une cité très importante, car elle se trouvait sur la grande voie commerciale allant de l'Ouest à l'Est (Hérod. 7.30; Xen. Anabase 1.2.6); mais le système routier changea: les villes voisines de Laodicée et de Hiérapolis Col 2.1; 4.13 distantes d'environ 16 et 21 km., la supplantèrent et s'enrichirent. Colosses déclina; elle fut cependant renommée comme Laodicée, pour sa belle laine. Sous les Romains, Colosses resta un municipe indépendant; sa communauté chrétienne prospéra, Épaphras, puis Archippe Col 1.7; 4.17; Phm 2 en furent les ministres. Philémon était membre de cette Église, Onésime aussi. #Col 4.9; Phm 2



Dictionnaire Biblique pour Tous


Colosses

Cité de la province romaine d'Asie à 15 km de Laodicée dans la vallée de Lycus, là où la route principale se dirigeant d'Éphèse vers l'est rejoignait un itinéraire descendant de Sardes vers le sud. Cette ville, située près de l'actuelle Horraz, est maintenant inhabitée. L'église a peut-être été fondée par Épaphras (Col 1.7) tandis que Paul ouvrait à Éphèse (Ac 19-20). Paul n'avait pas rendu visite à cette église avant de lui écrire sa lettre (Col 2.1). Le mélange de Juifs, de Grecs et de Phrygiens qui habitaient cette cité en faisait un terrain propice pour les hérésies que la lettre condamne.



Commentaire du disciple du NT - MacDonald


INTRODUCTION


« Étudier cette épître [aux Colossiens], reconsidérer sa pensée inspirée rendue dans un langage inspiré, laisser la lumière et la puissance de cette pensée remplir l’âme et façonner la vie, tout ceci est un enrichissement pour le temps et pour l’éternité. »


- R.C.H. Lenski



I. PLACE UNIQUE DANS LE CANON


La plupart des lettres de Paul furent écrites à des Églises de villes très peuplées ou de grande importance : Rome, Corinthe, Éphèse, Philippes. Colosses, elle, était une cité qui avait connu des jours meilleurs. Le début de l’histoire de l’Église ne mentionne pas l’existence de cette Assemblée. Bref, s’il n’y avait pas l’épître inspirée adressée aux chrétiens de Colosses, cette ville ne serait connue de nos jours que des étudiants en histoire ancienne.


Si le lieu est insignifiant, la lettre que l’apôtre envoya aux Colossiens est en revanche d’une grande portée. Comme Jean 1 et Hébreux 1, Colossiens 1 constitue un merveilleux exposé de l’absolue divinité de notre Seigneur Jésus-Christ. Cette doctrine étant fondamentale pour tous les chrétiens, sa valeur est inestimable.


Cette lettre contient également d’importantes instructions sur les relations personnelles, le culte idolâtre et la vie chrétienne.



II. AUTEUR [A]


Les preuves de la paternité littéraire de Paul sont si fortes que jusqu’au XIXe siècle, personne ne les a contestées. Les preuves externes sont particulièrement convaincantes. Parmi les personnes qui citent cette lettre ou l’attribuent à Paul figurent Ignace, Justin Martyr, Théophile d’Antioche, Irénée, Clément d’Alexandrie, Tertullien et Origène. Les canons de Marcion et de Muratori acceptent l’authenticité de Colossiens.


Les preuves internes comportent le fait qu’à trois reprises, l’auteur se nomme lui-même Paul (#Col 1.1, 23; 4.18) et que le contenu confirme cette indication. L’exposé de la doctrine, suivi de recommandations pratiques, est typique de l’auteur. Peut-être la preuve la plus convaincante de cette authenticité est-elle le lien avec l’épître à Philémon, unanimement reconnue comme étant de la plume de Paul. Parmi les personnes citées dans cette courte épître, cinq le sont aussi dans Colossiens. Un critique comme Renan, bien qu’émettant des doutes sur Colossiens, fut très impressionné par ses parallèles avec l’épître à Philémon.


Les arguments contre la paternité de Paul sont basés sur le vocabulaire, la doctrine de Christ et les références apparentes au gnosticisme. A propos du premier point, un nouveau vocabulaire dans Colossiens remplace certains mots que Paul affectionne. Salmon, un commentateur conservateur britannique du siècle dernier, combat un peu ironiquement cet argument: « Je ne peux accepter l’idée qu’un homme qui écrit une nouvelle oeuvre n’aurait pas le droit, sous peine de perdre son identité, d’utiliser d’autres mots que ceux employés dans une oeuvre précédente. » Quant à la christologie de Colossiens, elle rejoint celle de Philippiens et de Jean, et seuls ceux qui présentent la divinité de Christ comme un développement du IIe siècle, issu du paganisme, ont du mal à accepter cette doctrine.


Pour ce qui est du troisième point, le commentateur libéral écossais Moffatt pensait que la phase primitive du gnosticisme présentée dans Colossiens pourrait fort bien avoir existé dès le Ier siècle.


Les arguments en faveur du caractère paulinien de Colossiens sont donc solides.

III. DATE


L’épître aux Colossiens, une des « Lettres de la captivité », pourrait très bien avoir été écrite par Paul durant son emprisonnement de deux ans à Césarée (#Ac 23.23, 24.27). Toutefois, puisque l’évangéliste Philippe y fut son hôte, il semble très étonnant que l’apôtre, chrétien bienveillant et courtois, ait négligé de mentionner son nom. On a aussi suggéré une possible détention à Éphèse, bien que cela soit peu vraisemblable. La date la plus probable de cette lettre et de celle à Philémon se situe au temps du premier emprisonnement de Paul à Rome, vers l’an 60 apr. J.-C. (#Ac 28.30, 31).


Heureusement, comme c’est généralement le cas, la compréhension de ce livre ne dépend pas d’une parfaite connaissance des circonstances entourant sa rédaction.



IV. ARRIÈRE-PLAN ET THÈME [A]


Colosses était une ville de la province de Phrygie, incluse dans une région connue sous le nom d’Asie Mineure. La ville était située à 16 km à l’est de Laodicée et à une vingtaine au sud-est d’Hiérapolis (cf. #Col 4.13). Elle se trouvait aussi à env. 160 km à l’est d’Éphèse, à l’entrée du défilé du mont de Cadmus, une vallée étroite longue de 20 km, sur la route militaire joignant l’Euphrate à l’Occident. Colosses était bâtie au bord du fleuve Lycos (Loup), qui se jette à l’ouest dans la rivière Méandre, peu après avoir passé Laodicée. L’eau issue des thermes d’Hiérapolis y rejoint les eaux fraîches de Colosses, apportant ainsi une « eau tiède » à Laodicée [b]. Hiérapolis était à la fois un centre thermal et religieux, alors que Laodicée était la métropole de la vallée. Colosses avait eu un développement important avant l’époque du N.T. On pense que son nom avait un lien avec le mot « colosse », allusion aux formes étranges de ses formations calcaires.


Nous ne savons pas au juste comment l’Évangile atteignit Colosses pour la première fois. Lorsque Paul écrivit sa lettre, il n’y avait jamais rencontré les croyants (2.1). On suppose généralement qu’Épaphras fut le premier à apporter la bonne nouvelle du salut à cette ville (1.7). Beaucoup pensent qu’il se convertit par le moyen de Paul, durant le séjour de trois ans que l’apôtre fit à Éphèse. La Phrygie faisait partie de l’Asie proconsulaire ; or Paul était en Phrygie (#Ac 16.6; 18.23), et non à Colosses (2.1).


La lettre nous apprend effectivement qu’un enseignement erroné, connu dans sa forme complète sous le nom de gnosticisme, commençait à menacer l’Église de Colosses. Les gnostiques s’enorgueillissaient de leurs connaissances (gr. :gnôsis). Ils prétendaient détenir un savoir supérieur à celui des apôtres et voulaient faire croire qu’une personne ne pouvait être vraiment heureuse que si elle était initiée aux mystères les plus profonds de leur culte.


Certains des gnostiques nièrent la véritable humanité de Christ. Ils enseignaient que « le Christ » était une influence divine issue de Dieu et qui revêtit l’homme Jésus lors de son baptême. Ils prétendaient aussi que le Christ avait quitté Jésus juste avant sa crucifixion. Selon eux, Jésus mourut, mais non le Christ.


Pour certaines branches du gnosticisme, il existe entre Dieu et la matière plusieurs niveaux ou degrés d’êtres spirituels. Ces branches adoptèrent ce point de vue pour expliquer l’origine du mal. Explication d’A.T. Robertson:


La spéculation gnostique s’intéresse principalement à l’origine de l’univers et à l’existence du mal. Ses partisans affirment que Dieu est bon et que, malgré cela, le mal existe. Selon leur théorie, le mal est inhérent à la matière ; pourtant, le Dieu bon ne pouvait créer la matière mauvaise. Ils avancèrent alors l’hypothèse d’un ensemble d’émanations, d’éons, d’esprits et d’anges intercalés entre Dieu et la matière. L’idée consistait à dire qu’un éon était issu de Dieu, qu’un autre provenait de cet éon, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il y en ait un qui soit assez éloigné de Dieu pour que Celui-ci ne soit pas contaminé par la création de la matière mauvaise tout en étant suffisamment proche pour avoir la puissance d’accomplir cette oeuvre.


Certains gnostiques, croyant que le péché était inhérent au corps, pratiquèrent l’ascétisme, une forme de renonciation à soi ou même la torture de soi, pour atteindre un niveau spirituel plus élevé. D’autres en arrivèrent à l’extrême opposé, s’adonnant à des plaisirs charnels en se disant que le corps n’avait aucune importance ou incidence sur la vie spirituelle d’une personne !


Il semble que l’on ait noté l’existence de deux autres erreurs à Colosses : l’antinomisme et le judaïsme. L’antinomisme enseigne que sous la grâce, une personne n’a pas besoin de se contrôler mais qu’elle peut laisser libre cours à ses appétits et à ses passions physiques. Le judaïsme de l’Ancien Testament avait dégénéré en un ensemble d’observations cérémonielles par lesquelles l’homme espérait arriver à être juste aux yeux de Dieu.


Les hérésies qui existaient à Colosses subsistent encore de nos jours. Le gnosticisme a réapparu avec la Science Chrétienne, la théosophie, le mormonisme, les témoins de Jéhovah, les unitariens et d’autres systèmes encore. L’antinomisme se retrouve chez tous ceux qui affirment que, puisque nous sommes sous la grâce, nous pouvons vivre comme bon nous semble. Le judaïsme, quant à lui, était à l’origine une révélation divine, dont les rites et les cérémonies avaient pour but d’enseigner des vérités spirituelles, comme le montrent l’épître aux Hébreux et d’autres écrits du N.T. Il se transforma en un système dans lequel on considérait les formes elles-mêmes comme étant méritoires, et dont on ignorait souvent largement la signification spirituelle. Il se retrouve aujourd’hui dans nombre de structures religieuses qui enseignent que l’homme peut mériter la faveur de Dieu par ses propres oeuvres, ignorant ou niant sa condition pécheresse et son besoin de salut accordé par Dieu seul.


Dans Colossiens, l’apôtre Paul combat avec brio toutes ces erreurs en mettant en évidence les gloires de la personne et de l’oeuvre de notre Seigneur Jésus-Christ.


Cette épître ressemble beaucoup à la lettre de Paul aux Éphésiens. Cependant, c’est une ressemblance sans répétition. Éphésiens voit les croyants assis aux côtés de Christ dans les lieux célestes, alors que Colossiens considère les croyants sur terre, leur Chef glorieux étant au ciel. Dans Éphésiens, l’accent est mis sur le fait que le croyant est en Christ. Colossiens parle de « Christ en vous, l’espérance de la gloire ». Dans Éphésiens, Paul insiste sur l’Église en tant que « corps » de Christ, « la plénitude de Celui qui remplit tout en tous » (#Eph 1.23). L’apôtre souligne donc l’unité du corps de Christ. Dans Colossiens, le rang de Chef détenu par Jésus-Christ est mis en avant au chap. 1, avec la nécessité de notre « attachement au Chef » (2.18, 19), de notre soumission à lui. Des 155 versets d’Éphésiens, 54 s’apparentent aux versets rencontrés dans Colossiens.



PLAN


I. LA DOCTRINE DE LA PRÉÉMINENCE DE CHRIST (1, 2)


A. Salutation (1.1, 2)


B. Actions de grâces et prières pour les croyants (1.3-14)


C. Les gloires de Christ, Chef de l’Église (1.15-23)


D. Le ministère confié à Paul (1.24-29)


E. La suffisance de Christ face aux dangers de la philosophie, du légalisme, du mysticisme et de l’ascétisme (2.1-23)



II. LE DEVOIR DU CROYANT DÉCOULANT DE LA PRÉÉMINENCE DE CHRIST (3, 4)


A. La vie nouvelle du croyant : se dévêtir du vieil homme et revêtir l’homme nouveau (3.1-17)


B. La conduite appropriée pour les membres du foyer chrétien (3.18-4.1)


C. La vie de prière du croyant et le témoignage par la vie et la parole (4.2-6)


D. Quelques compagnons de Paul (4.7-14)


E. Salutations et recommandations (4.15-18)



COMMENTAIRE


I. LA DOCTRINE DE LA PRÉÉMINENCE DE CHRIST (1, 2)


A. Salutation (1.1, 2)


Verset 1: A l’époque où fut écrit le N.T., il était courant de commencer une lettre par la mention du nom de l’auteur. C’est ainsi que Paul se présente comme l’apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu. Un apôtre était un messager spécialement envoyé par le Seigneur Jésus-Christ. Pour confirmer le message prêché, les apôtres reçurent le pouvoir d’accomplir des miracles (2Co 12.12). De plus, nous lisons que dans certains cas, lorsque les apôtres imposaient les mains aux croyants, ceux-ci recevaient le Saint-Esprit (Ac 8.15-20; 19.6).


De nos jours, il n’y a pas d’apôtre au sens strict du terme, et un homme serait insensé de se prétendre successeur des 12 premiers apôtres. Beaucoup s’appuient sur Éph 2.20 pour prouver que les apôtres et les prophètes avaient pour mission principale de fonder l’Église, contrairement aux évangélistes, pasteurs et docteurs (Éph 4.11), dont l’oeuvre se poursuit dans l’actuelle dispensation.


Paul lie son apostolat à la volonté de Dieu (cf. également Ac 9.15; Ga 1.1). Ce n’était pas une mission qu’il s’était choisie lui-même, ni une pour laquelle les hommes l’avaient formé ; elle ne lui avait pas été confiée par une ordination humaine. Elle ne venait pas « des hommes » (source), ni « à travers les hommes » (instrument). Tout son ministère s’accomplissait plutôt dans la prise de conscience solennelle que Dieu lui-même l’avait choisi pour être apôtre.


Le frère Timothée était avec Paul lorsque cette lettre a été écrite. Il est bon de noter ici la simplicité de l’attitude de Paul envers Timothée. Tous deux étaient membres d’une même fraternité, et il n’y avait entre eux ni hiérarchie, ni titres pompeux, ni vêtements distinctifs.


[a] Voir COMDIS sur "Apo 22.21" @@ "ANNEXE"



Nouveau Commentaire Biblique


INTRODUCTION


DESTINATAIRES


Cette épître fut envoyée à Colosses (1.2), ville assez peu importante de la vallée du Lycus. Elle était située à environ 160 kilomètres à l’est d’Éphèse et était associée à deux autres villes, Laodicée et Hiérapolis, toutes deux plus florissantes qu’elle. Dans ces trois centres, des Églises chrétiennes avaient été fondées (cf. 4.13). Il semble, toutefois, que Paul ne les ait pas visitées (cf. 1.4 ; 2.1). Il mentionne qu’Épaphras avait enseigné les Colossiens 1.7,8), et il paraît raisonnable de supposer qu’il avait été le fondateur de leur Église. Les relations entre Paul et ces chrétiens étaient donc indirectes, mais cependant réelles. En tant que païens, il les considérait comme appartenant à la sphère d’activité dont il était personnellement responsable ; et dans 1.7 (voir note in loc.), il parle d’Épaphras agissant comme son représentant. Nous ne savons pas de façon précise à quelle occasion Épaphras était entré en contact avec l’apôtre. Selon toute probabilité, il était devenu chrétien sous l’influence de celui-ci. Si cette hypothèse est exacte, il est très probable que cela arriva pendant le ministère de Paul à Éphèse, car nous savons que pendant cette période « tous ceux qui habitaient l’Asie... entendirent la Parole du Seigneur » (#Ac 19:10). Il devait être naturel pour un homme comme Épaphras de se tourner vers son conseiller spirituel dans les difficultés de son ministère.



AUTEUR


L’épître affirme clairement que l’apôtre Paul en est l’auteur ; c’est évident dans la salutation initiale, dans le corps de la lettre (l.23) et dans la conclusion (4.18). La personnalité de l’apôtre se révèle au cours de la lettre tout entière. De plus, autant que nous le sachions d’après les documents existants, personne dans l’antiquité n’a jamais douté de l’authenticité de l’épître. Elle fut incluse dans la plus ancienne liste des épîtres de Paul, même celle de l’hérétique Marcion. Cependant, en dépit de ces solides preuves internes et externes, certaines objections ont été soulevées contre l’origine paulinienne. Les partisans de cette tendance doivent, en premier lieu, expliquer les références à Paul qui figurent dans l’épître. Ils suggèrent donc que celles-ci sont dues à un auteur postérieur voulant donner l’impression que la lettre est de la main de l’apôtre. Les principales objections à l’authenticité sont littéraires et historiques, mais il faut noter que les avocats de cette thèse sont en minorité. Certains trouvent qu’il y a des différences de style avec les autres lettres de Paul, mais les critères pour en juger ne sont pas assez précis pour en nier l’authenticité (pour plus de détails, voir : Donald Guthrie, New Testament Introduction : the Pauline Epistles, 1961, pages 168 s.).


L’autre problème se rapporte aux prétendues allusions faites dans l’épître aux idées gnostiques du IIe siècle. Nous parlerons de cela plus en détails au paragraphe « Circonstances » ; mais notons ici qu’il faut faire une distinction entre le Gnosticisme commençant et le Gnosticisme à son apogée (cf. R. Mc L. Wilson : The Gnostic Problem, 1958). Il y a, sans aucun doute, des points de contact avec le premier Gnosticisme mais pas avec le dernier. Les adversaires de l’authenticité ont toujours confondu les deux choses. On a, en outre, estimé que la christologie des Colossiens présente des traits plus évolués que ceux des autres épîtres de Paul (par exemple l’idée de réconciliation cosmique, cf. #Col 1:20) ; mais, quand on tient compte du but différent des diverses lettres, il n’y a rien dans celle-ci qui ne puisse pas avoir été écrit par l’apôtre.


Une considération majeure en faveur de l’authenticité est le lien étroit entre cette épître et Philémon. Toutes deux mentionnent des personnes associées au travail de Paul (cf. #Col 4:7-17 ; Phm. 2.23, 24). Il est particulièrement important qu’Onésime, sujet principal de l’épître à Philémon, soit mentionné dans #Col 4:9 comme étant « votre compatriote ». On ne peut s’empêcher de conclure que les deux épîtres furent écrites à la même époque. Puisque l’authenticité de la lettre à Philémon demeure incontestée, cela donne une forte probabilité en faveur de celle aux Colossiens, Nous pouvons donc accepter avec confiance comme exacte l’attribution de l’épître à Paul.



CIRCONSTANCES


Nulle part dans l’épître, Paul ne parle avec précision de la situation qui l’a conduit à écrire, mais on peut la déduire de façon assez détaillée du texte même. Nous avons vu qu’Épaphras était de Colosses (#Col 4:12) et probablement le fondateur de l’Église ; il était sans doute allé s’entretenir avec Paul de la situation de la communauté. Dans #Col 1:8, Paul déclare qu’Épaphras lui avait fait connaître l’amour dont l’Esprit animait les Colossiens. Il semble avoir fait à l’apôtre un rapport favorable sur l’état prospère de l’Église ; mais il paraît aussi avoir fait allusion à divers enseignements pernicieux qui menaçaient les Colossiens, du fait que certains faux docteurs étaient actifs dans le voisinage. Face à cette menace, il était important que l’apôtre fortifie les chrétiens.


Pour avoir une claire vision des circonstances, il est donc nécessaire de relier entre eux, autant que possible, les différents fils qui dans l’épître ont trait à l’hérésie. Il est toujours difficile de reconstituer les doctrines d’une hérésie lorsque nos seules données sont fournies par sa réfutation chrétienne. Il faut se garder de faire trop de suppositions à partir de l’exposé positif de Paul. Quelques traits dominants peuvent être relevés sans hésitation. Étant donné la place attribuée à la christologie dans cette épître, il est permis de supposer que la fausse doctrine laissait à désirer sur ce point. Toute conception du Christ qui lui refusait la prééminence en toutes choses (cf. 1.18) était intérieure à la doctrine de Paul. On peut déduire à coup sûr que la vision glorieuse du Christ dans tout le passage 1.15-20 s’opposait aux tendances contradictoires de faux docteurs. Le Gnosticisme du IIe siècle nous donne un texte parallèle dans lequel le Christ a été tellement défiguré qu’il n’est finalement que le dernier d’une longue série d’intermédiaires reliant l’homme à Dieu. Nous n’avons pas de preuve permettant d’affirmer qu’une déformation aussi avancée de la christologie ait existé déjà lors de la rédaction de l’épître ; on ne peut pas davantage démontrer que cette dernière ait été un produit du IIe siècle (voir ci-dessus le paragraphe « Auteur »).


Une autre doctrine hérétique est ce que Paul appelle « la philosophie et une vaine tromperie, selon la tradition des hommes, selon les principes élémentaires du monde » (2.8). Ces allusions paraissent se rapporter à deux principaux courants de pensée, l’un païen, l’autre juif. Le terme de « philosophie » est très général. La manière dont Paul insiste sur sa vanité montre qu’il juge inutile d’en développer les préceptes. Il s’agissait sans doute d’un mélange d’idées d’origine grecque. Remarquez que les mots plénitude (1.19 ; 2.9) et connaissance (2.3) étaient des termes familiers de la pensée spéculative contemporaine ; Paul, cependant, les emploie d’une façon entièrement chrétienne. Ces mots étaient également courants dans le Gnosticisme du IIe siècle. La « plénitude » était devenue un nom abstrait du Dieu absolu, qui ne pouvait avoir de contact direct avec la terre (considérée comme le Néant ou Kenoma). Mais ces idées élaborées n’existent encore à Colosses qu’à l’état embryonnaire, si tant est qu’elles s’y trouvent. Pour une discussion du sens probable des principes élémentaires (ou « esprits élémentaires » 2.8), voir le commentaire in loc. C’est peut-être une allusion aux puissances du monde spirituel qui étaient censées exercer une influence sur les affaires humaines.


Pour ajouter à la complexité de la situation colossienne, il y avait le courant juif visé probablement par la référence à la tradition des hommes. En effet, le Judaïsme était connu pour son fort attachement à la tradition des anciens. En plus de cela, il y avait les questions de nourriture et de boisson (allusion probable aux interdits alimentaires), ainsi que des fêtes, des nouvelles lunes et des sabbats (2.16). Toutes ces choses sont faciles à comprendre dans un cadre juif. Deux fois dans l’épître la circoncision est mentionnée (2.11 ; 3.11). En outre, on insistait sur l’ascétisme (comme cela ressort de 2.21), et ce trait s’accordait également avec une ambiance israélite. Enfin, un élément de l’hérésie qu’il n’est pas facile de situer, est le culte des anges (2.18). Bien que les Juifs aient eu un grand respect pour les anges, il n’est pas prouvé qu’à cette date, ceux-ci aient été l’objet d’un culte. Cette déviation provenait peut-être de la fusion des éléments grec et juif.


Il ressort clairement de ce rapide coup d’œil qu’une sorte de mouvement syncrétiste existait et menaçait d’influencer les Colossiens. Certains de ses traits se retrouvent dans le Gnosticisme ; on peut donc supposer qu’il s’agissait d’une tendance à allure gnostique avant le Gnosticisme. Un exemple de la convergence d’idées juives et hellénistiques, plus proche de la période apostolique, apparaît dans la communauté de Qumran, dont la bibliothèque contenait des manuscrits d’origine païenne. La communauté elle-même demeurait cependant essentiellement juive. Il n’est pas possible de définir avec plus de précision l’hérésie visée par les Colossiens, mais nous avons suffisamment décrit l’arrière-plan de l’épître pour pouvoir établir clairement quel est son but.



BUT


Ayant présente à l’esprit l’hérésie à combattre, il est évident que Paul estime urgent d’avertir les Colossiens, et que ce sujet constitue le but principal de la première moitié de l’épître. La clarté avec laquelle Paul présente l’essence de la doctrine chrétienne n’apparaît jamais plus nettement que lorsqu’il dénonce telle tendance néfaste ou telle erreur caractérisée. De toute façon, l’avis d’un apôtre chrétien ayant l’autorité de Paul avait un grand poids auprès des Colossiens. Un but secondaire était de donner une série d’exhortations pratiques qui les conduisent à une vie chrétienne plus saine. Cela est fait dans les chapitres 3 et 4 de deux manières : la première en établissant des principes généraux, la deuxième en ajoutant des exemples précis concernant la vie chrétienne familiale et communautaire.


La section la plus importante est celle qui expose la position christologique de Paul. La prééminence de Christ est le point central (l.18) et les divers aspects de cette prééminence sont qu’il est l’image de Dieu (1.15), la plénitude de Dieu (1.19), le Créateur (1.16) et la Tête de l’Église (l.18). Paul ne vise pas seulement à exalter la personne du Christ, mais aussi son œuvre car il a délivré des ténèbres (1.13), racheté du péché (l.14), réconcilié les hommes par le sang de sa croix (1.20 s.) et dépouillé les principautés sataniques (2.15). De plus, il est devenu la vie même du croyant (3.4), ayant partagé avec lui les conséquences de sa mort et de sa résurrection. C’est pourquoi Paul donne brièvement aux Colossiens un remarquable et complet exposé de l’héritage du chrétien « en Christ ».



LIEU ET DATE DE COMPOSITION


Selon la tradition, cette épître a été écrite pendant l’emprisonnement de Paul à Rome. L’apôtre fait peu d’allusions à sa captivité : il demande cependant à ses lecteurs de se souvenir de ses chaînes (4.18). Parmi les emprisonnements dont parlent les Actes, Rome semble être le seul lieu plausible, bien que quelques savants pensent plutôt à Césarée. Au chapitre 4 les salutations des collaborateurs de Paul suggèrent qu’ils pouvaient librement le visiter dans sa prison ; ce fait appuie l’opinion selon laquelle le cadre d’#Ac 28:30 situe à Rome la composition de l’épître. Cependant, puisque la lettre à Philémon a été envoyée en même temps (voir l’Introduction à cette épître), le lieu de composition des deux textes est déterminé par l’endroit où se trouvait Onésime échappé de chez son maître. La distance entre Colosses et Rome, serait, prétend-on, un obstacle à l’origine romaine. D’autres ont suggéré Éphèse, en supposant qu’un emprisonnement avait eu lieu dans cette ville ; cela toutefois ne saurait être qu’une simple hypothèse. Il est certain que la présence de Paul à Éphèse rendrait plus plausible l’évasion d’Onésime, car jusqu’à cette ville, la distance à parcourir n’eût été que de 160 kilomètres. Mais on peut rétorquer qu’un esclave fugitif devait se sauver aussi loin que possible de son point de départ pour se dérober aux recherches. La balance des preuves penche malgré tout en faveur d’une origine romaine.


Il est impossible de préciser à quel moment de l’emprisonnement à Rome la lettre a été écrite ; nous devons nous contenter d’une date approximative.


SOMMAIRE


1.1-8 Salutation et actions de grâce

1.9-14 Prière

1.15-23 Révélation de Jésus-Christ

1.24-2.3 Ministère de l’apôtre

2.4-15 Fausses doctrines et réponse chrétienne

2.16-3.4 La vie et l’adoration véritables

3.5-17 Principes de conduite chrétienne

3.18-4.1 Devoirs domestiques

4.2-6 Recommandations générales

4.7-18 Nouvelles personnelles


COMMENTAIRE


1.1-8 SALUTATION ET ACTIONS DE GRÂCE


1,2 Dans la plupart de ses épîtres, Paul se présente comme apôtre du Christ-Jésus. Ce n’est pas un titre officiel mais l’affirmation d’une autorité d’En Haut, renforcée par l’expression par la volonté de Dieu. Certains en déduisent que Paul est sur la défensive ; mais rien dans l’épître n’indique que son autorité ait été contestée, et il est plus raisonnable de voir ici l’expression du sentiment profond de sa haute vocation. Il écrit aux Colossiens, non comme un maître qui s’est désigné lui-même, mais comme un homme appelé à une fonction spéciale par Dieu. On trouve une introduction semblable dans l’épître aux Éphésiens mais sans la salutation de la part du frère Timothée. Celui-ci est cependant mentionné dans plusieurs autres épîtres pauliniennes, étant l’un des plus proches collaborateurs de l’apôtre. L’adresse de l’épître aux saints est aussi caractéristique (cf. #1Co 1:2 ; #2Co 1:1 ; #Éph 1:1 ; #Php 1:1). Le mot est employé dans le sens de « mis à part », accompagné ici de l’expression en Christ, qui suggère une communauté étroitement unie par le lien commun d’allégeance au Seigneur. Paul exprime probablement l’idée plus profonde de l’appartenance à un même corps en vue de l’important développement sur la gloire de la personne du Christ dans les versets 15-23. L’association des mots grâce et paix dans la salutation, également caractéristique de Paul, ne lie pas seulement les salutations familières grecque et juive, mais les charge toutes les deux d’une signification spirituelle.

Benoit Lavergne

 

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