Courtes méditations sur l'Évangile selon Marc
Source: Chaque Jour les Écritures, Ed. du Dépôt de Bibles et Traités chrétiens, Vevey
Marc 6.1-56
 

Marc 6.1-13
Pour les habitants de Nazareth, Jésus était «le charpentier». Durant trente années, il avait caché sa gloire sous l'humble condition d'un artisan de village. Un tel abaissement est incompréhensible pour l'homme naturel habitué à juger d'après les apparences.
S'il était difficile que le témoignage du Seigneur soit reçu «dans son pays et parmi ses parents et dans sa maison», à plus forte raison est-ce le cas pour le nôtre là où nous sommes connus… avec tous nos défauts et notre triste passé. Mais c'est aussi là que les fruits d'une vie nouvelle seront les plus évidents et constitueront la plus puissante des prédications (Phil. 2 v. 15). Ayant été choisis au ch. 3 v. 13 à 19, les douze sont maintenant envoyés prêcher la repentance. Le Seigneur les exhorte à ne rien prendre pour le chemin. Leur vie doit être celle de la foi. Moment après moment, ils recevront ce qui leur est nécessaire et pour le service, et pour leurs propres besoins. Se munir de provisions les priverait de riches expériences et leur ferai perdre de vue le lien qui les unit à leur Maître absent.
Par contre les sandales sont indispensables. Elles suggèrent ce que Éph. 6 v. 15 appelle «la préparation de l'évangile de paix». Tout croyant doit en orner sa marche pour confirmer le message de la grâce dont il est porteur (comp. Rom. 10 v. 15).

Marc 6.14-29
Tout est sujet d'effroi pour une mauvaise conscience (Prov. 28 v. 1). Lorsque Hérode, qui avait fait décapiter Jean, entend parler de Jésus, il est terrifié à la pensée que le prophète pourrait être ressuscité. Car cela signifierait que Dieu lui-même a pris fait et cause pour sa victime. Pour la même raison les hommes seront saisis d'épouvante quand Jésus le crucifié paraîtra sur les nuées du ciel (Apoc. 6 v. 2 et 15 à 17; voir aussi Apoc. 11 v. 10, 11).
Bienheureuse est la part de Jean, le plus grand des prophètes, et quel contraste avec le sort de son misérable meurtrier! Ce dernier est lâche, plutôt que cruel comme son père, Hérode le grand. Faible de caractère, dominé par ses convoitises, «il faisait beaucoup de choses» quand il avait écouté Jean, excepté de mettre sa vie en accord avec la volonté de Dieu. Faire beaucoup de choses, même de bonnes choses, ne suffit pas pour Lui être agréable.
Mais voici qu'arrive «un jour favorable», oui, favorable pour Satan et les deux femmes dont il va se servir. Un banquet, la séduction d'une danse, une promesse inconsidérée tenue par amour-propre,… il n'en faut pas davantage pour commettre un crime abominable, payé des plus affreux tourments d'esprit.
 

Marc 6.30-44
Les apôtres qui reviennent auprès du Seigneur sont tout occupés de ce qu'ils ont fait et pressés de le raconter. Le Maître sait qu'ils ont besoin maintenant d'un peu de repos et il le leur a préparé «à l'écart» avec lui. Nous qui invoquons parfois un peu légèrement la nécessité de nous détendre, considérons quelques-unes des conditions dans lesquelles les disciples goûtent ce repos: 1º Il succède à une activité pour le Seigneur. 2º Il ne peut s'agir que d'un peu de repos, car la terre ne saurait en offrir de durable (voir Mich. 2 v. 10). 3º Il est pris à l'écart du monde et non dans les distractions que celui-ci peut offrir. 4º On en jouit avec le Seigneur.
Repos de courte durée en effet! Déjà les foules s'assemblent. Jésus va nourrir leurs âmes, puis leurs corps (Matt. 4 v. 4); mais d'abord, il met ses disciples à l'épreuve.
Ceux-ci venaient de raconter tout ce qu'ils avaient accompli. Eh bien! C'était le moment de prouver leurs capacités au lieu de vouloir renvoyer ces gens. «Vous, donnez-leur à manger», leur dit le Seigneur, pour leur faire réaliser que tout pouvoir vient de lui.
En même temps il les associe en grâce à son geste de bonté. Sagesse, puissance, amour, une fois de plus nous voyons briller ensemble ces caractères du parfait Serviteur.

Marc 6.45-56
Lors de la première traversée du lac (ch. 4 v. 35 à 41), le Seigneur était avec ses disciples, bien qu'il dormît dans la nacelle. Ici la foi des douze est encore plus profondément éprouvée, puisque leur Maître n'est pas avec eux. Il est monté sur la montagne pour prier, pendant qu'eux, seuls dans la nuit, luttent contre le vent et les vagues. Ils ont perdu Jésus de vue, mais Lui, détail remarquable, les voit sur la mer agitée (v. 48). Et il vient à eux vers la fin de la nuit (lire Job 9 v. 8).
Combien ils sont peu préparés à le rencontrer! Alors, d'une parole, il se fait reconnaître et les rassure: «Ayez bon courage, c'est moi; n'ayez point de peur» (v. 50; És. 43 v. 2). Que de croyants, traversant l'épreuve, parvenus au bout de leurs forces et ayant perdu tout courage, ont pu entendre ainsi la voix connue du Seigneur leur rappeler sa présence et son amour!
En abordant dans la contrée de Génésareth, Jésus est reçu avec empressement et fait de nombreux miracles. Quel contraste avec le commencement du chapitre (v. 5, 6) ! Reconnaître Jésus comme ces gens l’ont fait, même après l’avoir méconnu un temps, le recevoir, cela suffit pour se trouver au bénéfice des trésors infinis de sa grâce, toujours à la disposition de la foi.
 

 

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