Courtes méditations sur l'Évangile selon Marc
Source: Chaque Jour les Écritures, Ed. du Dépôt de Bibles et Traités chrétiens, Vevey
Marc 12.1-44
 

Marc 12.1-17
Les chefs du peuple sont contraints de se reconnaître dans la parabole accablante des méchants cultivateurs.
Remarquez comment est désigné (dans Marc seulement) le dernier envoyé du Maître de la vigne: «Ayant donc encore un unique fils bien-aimé…» (v. 6). Cette expression rappelle la parole de l'Éternel à Abraham: «Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes» (Gen. 22 v. 2) et traduit d'une manière émouvante les affections du Père pour le Bien-aimé qu'il a sacrifié pour nous!
Ainsi démasqués, les pharisiens et les hérodiens vont essayer de riposter. Avec des compliments hypocrites, mais qui sont involontairement un témoignage à Jésus («tu es vrai… tu enseignes la voie de Dieu avec vérité», v. 14) ils essaient de le surprendre par une question des plus subtiles. Son oui l'aurait disqualifié comme Messie; son non, condamné auprès des Romains. Il leur répond de la seule façon qu'ils n'attendaient pas, en s'adressant à leur conscience.
Divine et admirable sagesse! Toutefois combien le Sauveur en qui tout était vérité et amour, a souffert de cette mauvaise foi, de cette méchanceté, oui, de cette continuelle «contradiction de la part des pécheurs contre lui-même» (Héb. 12 v. 3; voir aussi Éz. 13 v. 22).

Marc 12.18-34
À leur tour les Sadducéens tentent de se mesurer à la sagesse de Jésus. En réalité ils ne croient pas à la résurrection (v. 18 ; voir Act. 23 v. 8), mais le Seigneur au v. 26 va les chercher sur ce terrain-là et leur fermer la bouche par la Parole. La résurrection est doublement attestée: par les Écritures et par la puissance de Dieu qui a ressuscité Christ (v. 24). Pourtant il est probable qu'aucune vérité ne s'est davantage heurtée à l'incrédulité des hommes (voir Act. 26 v. 8). Or, comme le démontre Paul en 1 Cor. 15, il s'agit là d'un des fondements essentiels du Christianisme; on ne peut y toucher sans que toute notre foi s'effondre.
Contrairement aux disputeurs précédents, il y a de la droiture et de l'intelligence chez le scribe qui interroge le Seigneur au sujet du commandement le plus grand. L'amour, répond Jésus, voilà le premier commandement; l'amour pour Dieu et pour le prochain, qui constitue le résumé de la loi (Rom. 13 v. 10; Gal. 5 v. 14).
Chers amis, ne devrions-nous pas aimer beaucoup plus qu'Israël, nous qui avons été cherchés plus loin que lui (du milieu des nations étrangères aux promesses) et amenés plus près dans la relation d'enfants du Dieu d'amour (Éph. 2 v. 13)?

Marc 12.35-44
C'est maintenant à Jésus de poser un problème embarrassant à ses interlocuteurs. Comment le Christ peut-il être à la fois le fils et le seigneur de David (voir aussi Ps. 89 v. 3, 4, 23, 36)? Ils ne savent l'expliquer et leur orgueil les empêche de demander la réponse… au Christ lui-même. Car c'est à cause de son rejet que le Fils de David va occuper la position céleste que lui attribue le Ps. 110.
Pour mettre le peuple en garde contre ses chefs indignes, le Seigneur fait ensuite un triste portrait des scribes, vaniteux, cupides et hypocrites. Hélas! Ces traits ont parfois caractérisé d'autres chefs religieux que ceux d'Israël (1 Tim. 6 v. 5).
Le v. 41 nous montre Jésus assis près du trésor du Temple. De ce regard pénétrant que nous l'avons déjà vu porter sur tout et sur tous, il observe non pas combien (seule chose qui intéresse les hommes), mais comment chacun donne au trésor. — Et voici cette pauvre veuve qui s'approche avec sa touchante obole: les quelques centimes qui lui restaient pour vivre. Ému, le Seigneur appelle ses disciples et commente ce qu'il vient de voir.
Ah! Cette offrance extraordinaire — «tout ce qu'elle avait» — prouvait non seulement les affections de cette femme pour l'Éternel et Sa Maison, mais aussi la totale confiance qu'elle avait mise en Dieu pour subvenir à ses besoins (comp. 1 Rois 17 v. 13 à 16).
 

 

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