Courtes méditations sur l'Évangile selon Marc
Source: Chaque Jour les Écritures, Ed. du Dépôt de Bibles et Traités chrétiens, Vevey
Marc 14.1-72
 

Marc 14.1-16
À l'approche de la mort du Seigneur, les sentiments des cœurs s'affirment et se manifestent. Haine et mépris de la part des chefs du peuple qui complotent à Jérusalem! Amour et respect dans la maison familière de Béthanie où cette femme accomplit à Son égard une «bonne œuvre», fruit d'un amour intelligent. Belle illustration du culte des enfants de Dieu! Ils reconnaissent dans un Sauveur rejeté celui qui est digne de tout hommage; ils lui expriment par l'Esprit et dans le sentiment de leur indignité, cette adoration qui est pour son cœur un parfum d'un prix inestimable (remarquons que ce sont les hommes qui font l'évaluation — v. 5 — ramenant tout à une affaire d'argent).
Les critiques ne manquent pas à l'adresse de ces adorateurs, même de la part de certains croyants qui placent la bienfaisance (v. 5) ou l’évangile avant toute autre activité chrétienne. Sans négliger ces choses, n'oublions pas que la louange est le premier de nos devoirs. Et contentons-nous de l'approbation du Seigneur pour accomplir avec un esprit brisé (dont ce vase est le symbole) le saint service de l'adoration, le seul qui soit directement envers Lui et pour l'éternité.
Les v. 10 à 16 nous montrent les dispositions que prennent les disciples pour préparer la pâque… et Judas pour trahir son Maître. 

Marc 14.17-31
C'est l'instant du dernier souper. Dans cette heure intime des adieux, où Jésus voudrait laisser parler librement ses affections, un fardeau accable son âme. Non pas la croix qui s'approche, mais l'indicible tristesse de savoir que se trouve là, au milieu des douze, un homme qui a décidé sa perte. «L'un d'entre vous… me livrera». À leur tour les disciples s'attristent et s'interrogent. Ils n'ont pas ici la confiance en eux-mêmes qui apparaîtra aux v. 29 et 31 dans leurs protestations de dévouement, en particulier de la part de Pierre.
Quand le traître est sorti, le Seigneur institue le saint repas du souvenir. Il bénit, rompt le pain et le distribue aux siens; il prend la coupe, rend grâces et la leur donne. Et il leur explique la portée de ces symboles simples et cependant solennels par les grands faits dont ils perpétuent la mémoire: son corps donné, son sang versé, sûrs fondements de notre foi. Lecteur, n'auriez-vous pas aimé vous trouver dans cette chambre haute auprès de votre Sauveur? Alors, pourquoi ne pas vous joindre, chaque premier jour de la semaine, à ceux qui annoncent Sa mort en attendant son retour?
Puis Jésus chante une hymne avec ses onze disciples et se rend au jardin des Oliviers.

Marc 14.32-54
Il appartient maintenant à Celui qui a pris la forme d'esclave de montrer jusqu'où ira son obéissance. Sera-ce jusqu'à la mort;… la mort même de la croix (Phil. 2 v. 7, 8)? Satan met tout en œuvre pour faire sortir Jésus du chemin de sa perfection. Dans cette lutte décisive, il se sert de l’effroi et de l’angoisse du Seigneur, qui mesure toute l'horreur de la coupe de la colère de Dieu contre le péché. L'arme de Jésus, c'est sa dépendance. Un nom que nous ne l'entendons employer qu'ici traduit l'intimité la plus profonde dans un tel moment: «Abba Père», s'écrie-t-il dans la conscience que cette parfaite communion devra s'interrompre quand il portera le péché. Mais précisément, son amour sans réserve pour le Père entraîne une obéissance sans réserve. «Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux toi»!
En présence d'un tel combat, combien le sommeil des disciples est coupable! Peu de temps avant, leur Maître les a exhortés à veiller et à prier (ch. 13 v. 33). Il le leur demande encore instamment à trois reprises. En vain; mais lui est prêt. Voici le traître qui s'avance avec ceux qui viennent Le prendre. Alors tous l'abandonnent et s'enfuient, y compris finalement ce jeune homme enveloppé d'une toile de fin lin: image de la profession chrétienne qui ne résiste pas à l'épreuve.

Marc 14.55-72
En pleine nuit, le palais du souverain sacrificateur est en grande effervescence. Jésus se tient devant ses accusateurs. De faux témoins font des dépositions qui ne s'accordent pas. Mais lui n'en tire pas parti pour se défendre. Il est condamné, souffleté, frappé; on lui crache au visage. Notre adorable Sauveur accepte tous ces outrages, annoncés par la prophétie (És. 50 v. 6). Hélas! Une autre scène se joue dans la cour du palais. Pierre n'avait pas cru son Maître, à qui il avait assuré: «Je ne te renierai point» (v. 31). Il ne l'avait ensuite pas écouté pour veiller et prier à Gethsémané. Le secret de sa défaite est là. Pourtant le Seigneur les avait avertis que «la chair est faible» (v. 38). Mais c'était une vérité que Pierre n'était pas prêt à accepter, aussi doit-il en faire l'amère expérience.
Ce que nous ne voulons pas apprendre avec le Seigneur en recevant humblement sa Parole, nous pourrons avoir à l'apprendre douloureusement en ayant affaire avec l'Ennemi de nos âmes.
Pour mieux confirmer qu'il ne connaît pas «cet homme», le pauvre Pierre profère des imprécations et des jurons. Ne l'accablons pas; pensons plutôt de combien de manières nous pouvons renier le Seigneur si nous ne veillons pas: par nos actes, par nos paroles, ou… par nos silences (lire 1 Cor. 10 v. 12).

 

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